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Un tour d'horizon des Interprovinciaux Luxembourgeois

10 janvier 2019 - 09:18

Virton, le seul qui rivalise avec les meilleurs en équipes d'âge

M. Pn. - L'Avenir

 

Le championnat reprendra ce week-end, pour les jeunes interprovinciaux. Sur les 19 équipes luxembourgeoises alignées dans les catégories avec classement (de U14 à U19), seulement six se sont qualifiées pour les play-off 1. Dont les cinq de Virton. On fait le point avant la reprise.

Grande distinction pour Virton en interprovinciaux. Les cinq équipes alignées par l’Excel dans les catégories avec classement (des U14 aux U19) ont engrangé 80% des points mis en jeu durant la première phase et se sont toutes qualifiées pour les play-off 1, qui ont déjà débuté pour les U14, U15, U16 et U17, et qui commenceront le 2 février pour les U19.

Des U19 virtonais qui, à deux journées de la fin de la première phase, dominent leur série de la tête et des épaules: seize matches, quinze victoires pour une seule défaite, 126 buts pour, seulement 18 contre, et une avance de onze points sur le duo Sprimont – Couvin-Mariembourg. Le seul faux pas de la troupe d’Enzo Condemi s’est produit le 27 octobre à Sprimont (2-1). Pour le reste, elle en a planté 10 au Condrusien et à Aywaille, 30 à Florenville en deux matches, 8 à Onhaye et a surtout infligé un cinglant… 24-0 au FC Arlon.

Les U15 de Ciro Lentini ont également terminé en tête de leur série, tandis que les U17 et les U14 ont décroché la médaille d’argent. Les U16 complètent le tableau virtonais avec une 4e place elle aussi synonyme de qualification pour les play-off 1.

En revanche, derrière Virton, c’est le désert, ou presque. Sur les quatorze autres équipes de la province engagées dans les différentes catégories, une seule a décroché son sésame pour les PO1: les U14 de Givry, qui ont clôturé la première phase à une belle 5e place.

Les treize autres formations devront, elles, se contenter des play-off 2, soit les play-off pour éviter la descente en provinciaux.

Pour les U19 de Florenville et Arlon, ce sera même les play-off 4. Du côté de Marloie, on ne peut cacher une certaine frustration: les U15 et les U14 ont raté les play-off pour une place. Et même pour un petit point, dans le chef des U14.

Zéro point pour les U15 de Bertrix

Sur nos dix-neuf équipes, sept ont terminé à la dernière ou à l’avant-dernière place de leur série. Ensemble, les U19 de Florenville et d’Arlon, les U17 et les U14 d’Oppagne, les U16 et U15 de Bertrix, et les U15 de Libramont n’ont engrangé que 25 points au total.

Les deux formations bertrigeoises fermaient d’ailleurs la marche dans leur série au terme de la première phase. Pire, les U15 de l’Entente n’ont pas engrangé le moindre point jusqu’ici. Début de play-off 2 compris, la jeune garde d’Andy Pougin a essuyé quinze revers en autant de matches, avec 8 petits buts marqués contre 115 encaissés.

Alors que les championnats reprendront ce week-end, petit tour d’horizon dans les différents clubs.

Gomez, coordinateur d'Oppagne : «Les Luxembourgeois gênent-ils?»

Interview : Mathieu PELTGEN - L'Avenir

Gomez, coordinateur d'Oppagne : «Les Luxembourgeois gênent-ils?»

Aurélien Gomez: «Pas facile de gérer des équipes d’âge avec ces règlements qui changent quasiment tous les ans.» ÉdA Mathieu Golinvaux

 

Aurélien Gomez dresse le bilan des équipes de jeunes à Oppagne.

Aurélien Gomez, en tant que coordinateur des jeunes d’Oppagne, quel bilan tirez-vous de la première partie de saison? Les U19 sont 6es, mais les U17 et les U14 ont terminé dans les deux derniers de leur série respective…

Les résultats ne sont pas exceptionnels, mais cela ne signifie pas qu’on ne réalise pas du bon boulot. Oppagne reste le club qui aligne le plus d’équipes en interprovinciaux dans la province (7) derrière Virton. Et pour un petit club de village, c’est déjà exceptionnel.

Après, pour espérer réaliser de bons résultats à ce niveau, il faut pouvoir disposer d’une génération au-dessus du lot. Un peu comme celle qu’Eddy Raskin a amenée jusqu’en équipe première. Mais des générations pareilles, on sait très bien qu’on n’en aura pas tous les ans, ni même tous les deux ans. Franchement, je suis très content du travail réalisé par nos différents entraîneurs. Je prendrai l’exemple de Florian Burnotte. Ses U14 n’ont pris qu’un point durant la première phase, mais il travaille bien. C’est le principal.

Si on retire Virton, la plupart des équipes luxembourgeoises sont la seconde moitié du classement. Le fossé est énorme entre les séries provinciales et interprovinciales?

Énorme, le mot est faible. L’écart est d’autant plus grand que le niveau des séries provinciales ne cesse de diminuer, puisqu’amputées de leurs meilleures formations. Les champions provinciaux qui montent savent qu’ils vont galérer en interprovinciaux. C’est pourquoi plusieurs clubs refusent la montée, d’ailleurs.

Par peur d’aller au casse-pipe?

Oui, beaucoup préfèrent jouer le top 3 en provinciaux que le maintien en interprovinciaux. Mais je ne critique pas ce choix. Grimper d’un échelon si tu n’es pas prêt, ce n’est jamais bon.

C’est même peut-être plus sain de rester au niveau provincial et de laisser grimper les gamins d’un échelon s’ils le méritent grâce à leur classement. Quand on s’occupe d’enfants, on doit veiller à leur progression, leur épanouissement sportif. Jouer en interprovinciaux ne doit pas être une fin en soi.

C’est dans la difficulté qu’on progresse, non?

Pour apprendre, pour progresser, il faut que la difficulté existe, mais qu’elle soit surmontable. Si tu n’es jamais mis en difficulté, tu stagnes, voire tu régresses. Mais si la difficulté est trop grande, tu ne progresses pas et souvent, tu abandonnes.

Si tu montes en interprovinciaux et que tu perds tous les week-ends par cinq buts d’écart ou plus, tu n’en retireras rien de positif. C’est pourquoi je ne juge pas les clubs qui déclinent la montée.

Éric Picart explique en partie le retard du Luxembourg, en matière de formation, par la difficulté de nos jeunes joueurs à se faire mal. Vous partagez son avis?

Il est clair que tous les footballeurs ne regorgent pas d’envie et d’ambitions. Jeunes ou moins jeunes. Quand j’officiais à Bertrix, au moment de recruter, j’essuyais régulièrement des refus de jeunes joueurs qui préféraient rester en régionaux à Ochamps, Bouillon ou Paliseul.

Puis le Luxembourg, comme Namur d’ailleurs, sera toujours pénalisé par sa faible densité de population. Je l’ai déjà dit cent fois, mais à Liège, vous secouez un building, vous avez trois équipes qui tombent. Chez nous, c’est déjà compliqué d’en monter une. Encore plus depuis qu’il existe une catégorie par année de naissance. Et la prochaine réforme ne va rien arranger.

Vous parlez de la suppression des U10 et U11 provinciaux la saison prochaine?

Oui, et surtout des équipes U12 et U13 qui seront doublées. Dans ces deux catégories, on joue à huit contre huit. Pour composer une équipe, il faut donc compter une douzaine de joueurs. Si on doit en aligner deux en U12 et deux en U13, il faudra donc trouver près de 50 joueurs qui ont le niveau interprovincial. C’est impossible pour des petits clubs comme le nôtre. Et je pense que les autres clubs luxembourgeois, hormis peut-être Virton, sont sacrément ennuyés par cette réforme, eux aussi. À croire qu’on gêne et que les clubs plus huppés préfèrent rester entre eux…

Cette réforme compromet l’avenir des clubs luxembourgeois dans ces séries interprovinciales?

On se demande vraiment comment on va faire. On nous oblige quasiment à aller piller les clubs voisins. Ce qui ne fera que déplacer le problème, car trouver vingt-cinq U13 et autant d’U12 qui ont le niveau IP dans la région, je le répète, c’est tout simplement impossible. Au mieux, on aura une équipe qui tiendra la route et l’autre qui ira à l’abattoir tous les week-ends. Quel intérêt?

Bref, on réfléchit, on cherche des solutions. En réalité, je n’en vois qu’une: que les clubs qui alignent déjà des interprovinciaux s’associent. Mais c’est un peu utopique. Je vois mal Marloie accepter de laisser ses gamins jouer sous le nom d’Oppagne ou inversement. Le problème, c’est que si chacun reste de son côté, on aura beaucoup de mal à se maintenir dans ces séries interprovinciales.

Marloie : "Trois fois moins de joueurs qu’à Liège ou dans le Hainaut"

L'Avenir

Didier Feller et Michel Renquin se partagent le job de coordinateur des jeunes, à Marloie. Le premier cité dresse un état des lieux.

Le niveau interprovincial «Il faut du foot pour tout le monde. Mais pour jouer à ce niveau interprovincial, il faut des gamins, et surtout des parents prêts à s’investir, à faire des sacrifices. Ça ne court pas les rues.»

Les entraînements «À Marloie, toutes les équipes d’âge s’entraînent deux fois par semaine, hormis les U6. Je pense que c’est trop peu et passer à trois entraînements hebdomadaires me semble indispensable si on veut rivaliser avec les Liégeois et les Hennuyers. C’est logique, plus on s’entraîne, plus on touche le ballon et plus on le maîtrise. D’autant que les jeunes d’aujourd’hui jouent beaucoup moins dans le jardin, dans la cour de récré ou dans la rue qu’autrefois. Il y a vingt ans, les tablettes n’existaient pas…»

Un championnat U10-U11 Namur – Luxembourg? «On a parfois l’impression que le Luxembourg dérange. Concernant la réforme des U10-11 et U12-13, nous cherchons des solutions, nous aussi. Et nous avons eu une idée à Marloie: mettre sur pied un championnat Namur-Luxembourg pour les U10 et U11. Nous avons pris contact avec les clubs concernés. Parce que passer des U11 régionaux aux U12 interprovinciaux, ce serait une marche trop haute à franchir d’un coup.»

Pas assez de joueurs «Le Luxembourg ne pourra jamais rivaliser avec les autres provinces pour la simple et bonne raison que sa densité de population est nettement inférieure. J’ai fait les calculs: à Liège, dans le Brabant wallon et dans le Hainaut, il y a quasiment trois fois plus de joueurs au kilomètre carré que chez nous.»

Difficile de gérer les parents «Les formateurs perdent déjà beaucoup d’énergie à canaliser les parents. Certains clubs interdisent d’ailleurs aux parents d’assister aux entraînements. Nous ne voulons pas en arriver là à notre niveau, mais il faut fixer des règles dès le départ, sinon c’est le foutoir. À Marloie, on y accorde beaucoup d’importance, on ne laisse pas faire n’importe quoi.»

À Bertrix, sept équipes interprovinciales en 2016, zéro en 2019?

M. Pn. - L'Avenir

À Bertrix, sept équipes interprovinciales en 2016, zéro en 2019?

EdA

 

Les deux équipes interprovinciales de Bertrix ont terminé la première phase à la dernière place. Les U16 ont engrangé huit points, les U15 pas un seul.

«Les gamins ne manquent pas de courage, mais ils ne sont tout simplement pas prêts pour ce niveau. Une bonne partie de l’équipe U15 est composée de U14 qui découvrent le foot à onze. Physiquement, ils ne peuvent pas rivaliser», observe un Éric Picart qui tente de relancer la machine bertrigeoise depuis septembre. Alors que l’Entente alignait sept équipes en interprovinciaux en 2016-2017, elle pourrait disparaître complètement des séries ACFF la saison prochaine. «L’objectif, c’est de sauver nos U16. C’est une belle petite équipe et Sébastien Ricci, l’entraîneur, fait du bon boulot.»

Le déclin de l’école des jeunes de Bertrix-Orgeo, Éric Picart l’explique par différents facteurs. «À commencer par les problèmes de l’équipe première, dit-il. Tout le raffut de l’été dernier n’a pas donné envie à beaucoup de parents de mettre leur enfant à Bertrix. Pire, on m’a dit que cette situation avait même entraîné les départs de quatre, cinq bons joueurs. Déjà que ce n’est pas facile d’en faire venir… Quand vous dites aux parents que leur gamin devra peut-être aller jouer à Mons à 11 h du matin un dimanche, vous avez de grandes chances de les refroidir. Aujourd’hui, en Luxembourg plus qu’ailleurs, on préfère son petit confort à l’ambition sportive. Certains garçons qui ont des qualités préfèrent jouer en régionaux à Ochamps qu’en interprovinciaux à Bertrix.»

Le bon travail de Schinckus

Éric Picart distribue quelques bons points, malgré tout: «Virton continue à s’appuyer sur l’excellent travail réalisé par Samuel Petit ces dernières années. Jonathan Schinckus abat du bon boulot avec les U16 de Vaux-sur-Sûre également. Quant à Luc Hatert, il a réussi à faire de Givry la meilleure école de football de la région de Bastogne. Ce qui, compte tenu des installations, constitue un vrai miracle. À Givry (NDLR, où Éric Picart dirige l’équipe A, faut-il le rappeler), on a parfois l’impression de s’entraîner sur la lune. C’est un peu triste pour les gamins, qui doivent apprendre à contrôler un ballon qui a rebondi dix-sept fois dans tous les sens.»

Et Éric Picart de conclure: «Bertrix est en reconstruction. On a fait un état des lieux avec Jean-Pierre Nicolas et pour commencer, on va remettre chaque joueur à sa place. Nous avons plus de deux cents jeunes. Tu peux en surclasser quatre ou cinq dans la catégorie supérieure. Mais quand 30% des gamins jouent dans une catégorie qui n’est pas la leur, il y a un problème.»

 

 

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