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29 janvier 2016 - 12:06

UR Namur : où est passé l’argent reçu pour Eliaquim Mangala ?

Lucien Romeo (à droite), ici en discussion avec José Lardot, souhaite «remettre» le club en fin de saison.
Lucien Romeo (à droite), ici en discussion avec José Lardot, souhaite «remettre» le club en fin de saison.-ÉdA – 30793930873

Namur a reçu plus de 400 000€ pour le transfert de Mangala. Une coquette somme que Lucien Romeo se défend d’avoir conservé personnellement.

Où est passé l’argent versé à l’UR Namur suite au transfert de Mangala de Porto vers Manchester City? Une question qui mérite une réponse depuis la mise en liquidation judiciaire du club. Au nom du «mécanisme de solidarité» de la FIFA, qui prévoit, lors d’un transfert entre deux clubs de différents pays que 5% de ce montant soient répartis entre les clubs formateurs, l’UR Namur doit avoir reçu une enveloppe d’environ 410 000 euros. La procédure veut que le club concerné envoie une facture au club acquéreur et que ce dernier verse l’argent. C’est ce qui s’est passé entre Wépion et City. «Et nous avions un intermédiaire à la Fédération qui s’assurait que tout se passait dans les règles», confirme Willy Henry, le président de Wépion (voir ci-dessous).

Le mécanisme est le même pour l’UR Namur. Mais alors que le club est au bord du gouffre, on se demande où est passé l’argent d’autant que Bertrand Lebrun déclarait, à l’époque, qu’il servirait «à éponger sérieusement les dettes ».

Romeo: «Non je ne me suis pas enrichi avec cet argent»

Lucien Romeo, l’administrateur délégué du club, coupe tout de suite court à la rumeur. «Dire que je me suis enrichi personnellement avec cet argent, c’est totalement ridicule. Depuis quatre ans, avec d’autres sociétés, j’ai investi 600 000 euros à Namur. Avec l’indemnité de formation, j’ai remboursé des avances extérieures et personnelles. Non, je ne suis pas parti avec l’argent. C’est de la folie furieuse. Celui qui pense ça, qu’il vienne investir à Namur tout de suite, je lui laisse ma place. Tout est sur les comptes, il n’y a aucun enrichissement personnel. Le jour de l’assignation par l’ONSS, j’ai injecté 10 000 euros mais il était trop tard, l’argent est directement passé à la poubelle et la liquidation a été prononcée

L’ancien liquidateur a assigné l’ASBL «Les Merles» en Justice

Du côté de Me Piette, le liquidateur de l’ancienne ASBL, on ne pense pas la même chose. Il estime que «l’argent Mangala» n’est pas la propriété des dirigeants actuels. «Dans la convention de cession de patrimoine, j’avais cédé le club pour un euro en me réservant les créances, explique le bâtonnier. Puis il y a eu ce transfert de Mangala et j’ai écrit à M. Lebrun pour lui signifier que cet argent devait revenir à l’ancienne ASBL même si le règlement de l’Union belge stipule que l’indemnité de formation est pour le détenteur du matricule, l’ASBL “ Les Merles ” dans ce cas. Mais on peut y déroger conventionnellement, ce que je n’ai pas manqué de faire. J’ai pensé à une saisie conservatoire mais l’argent a été versé et je n’ai pas su. J’ai donc assigné l’ancienne ASBL et l’affaire sera plaidée en septembre

D’ici là, Namur espère pouvoir poursuivre ses activités. Comme Bertrand Lebrun, Lucien Romeo a bon espoir: «On va terminer la saison, on a trouvé des arrangements avec les joueurs et nous sommes en passe de le faire avec le liquidateur. Moi et des investisseurs amenés par Bertrand Lebrun avons présenté un plan pour cette année. Puis je passerai la main».

Optimiste mais…

Si le liquidateur Me Kicq les laisse faire car derrière ce beau discours, se cache une cruelle réalité. Il n’y a pas que les amendes TVA et ONSS qui menacent l’avenir du matricule 156. Ancien équipementier de l’école des jeunes, Luc Dandoy attend toujours ses 35 000 euros. Le club a été condamné à régler cette dette par une condamnation devant le tribunal. Dans les buvettes aussi, les fournisseurs ont compris qu’ils auraient du mal à voir leurs commandes honorées. Le brasseur attitré ne veut plus fournir et c’est le règne de la débrouille.

Outre le staff de l’équipe première, les formateurs de l’école des jeunes attendent aussi leur argent et menaçaient de faire grève. Si l’ex-entraîneur des gardiens Laurent Deraedt a intenté (et gagné) une action auprès de la Fédération pour récupérer son dû, d’autres patientent encore. C’est le cas de Jonathan Marchal notamment. Il a mis la procédure en suspens car régulièrement, le président Lebrun lui verse une petite somme. Mais d’autres commencent à s’impatienter… Et on imagine mal Bertrand Lebrun tout payer de sa poche. «Que les jeunes soient pris en otage, cela me dérange, glisse Vivian Delhalle, parti à Arquet B et qui attend toujours le défraiement pour cinq mois. Je sais que par deux fois, on a puisé dans la caisse des jeunes pour payer les primes des joueurs de l’équipe A. Et à 380€ la cotisation, c’est scandaleux».

Les sanctions sont tombées après les incidents de Solières-Verlaine

Marc Segatto, le coach de Verlaine, écope de deux matches de suspension. Comme Johan Graindorge, le T2 de Solières.
Marc Segatto, le coach de Verlaine, écope de deux matches de suspension. Comme Johan Graindorge, le T2 de Solières.-Heymans

Segatto (Verlaine) et Graindorge (Solières) sont suspendus deux journées tandis que les deux clubs écopent d’amendes.

Les sanctions sont tombées dans le match Solières – Verlaine qui s’était terminé sur des incidents le 10 janvier dernier. Pour rappel, un «bouh» lancé par le bourgmestre de Verlaine, Hubert Jonet, avait mis le feu aux poudres, le Soliérois Thiaw l’interprétant comme un cri de singe. Plusieurs acteurs de la rencontre étaient présents hier après-midi à la deuxième chambre du comité sportif amateur de l’URBSFA qui devait se prononcer sur les faits. Les débats ont été longs, 1h30 environ, chaque partie avançant ses arguments.

Lors de la rencontre, Thiaw avait reçu une carte rouge pour être sorti du terrain et s’être dirigé vers les supporters de Verlaine suite au cri poussé par le bourgmestre de Verlaine. La chambre a décidé que cette sanction était suffisante. Par contre, toujours côté soliérois, Tshiala avait été exclu après le coup de sifflet final. «Dans son rapport, l’arbitre Boeur explique qu’il a demandé à quatre reprises à Thsiala de regagner les vestiaires, explique Jules Dethier, membre de cette deuxième chambre. Il était prêt à le faire quand Johan Graindorge, le T2 de Solières, a, selon l’arbitre, excité le joueur. Tshiala a alors donné un coup de poing dans le vide.» Pour ce comportement, Tshiala écope de deux matches de suspension. Il était sous le coup d’un sursis pour une faute commise en décembre 2015. «Son sursis tombe et on lui ajoute un match», précise Jules Dethier.

Concernant le T2 de Solières Johan Graindorge, absent pour raisons professionnelles – il avait écrit une longue lettre pour s’expliquer – la chambre a retenu qu’il avait mis de l’huile sur le feu. Il écope de deux matches de suspension et d’une amende de 100 euros.

Du côté de Verlaine, Hassan Ouchan écope de deux matches de suspension pour un tacle les deux pieds en avant.

Le coach Marc Segatto passera également deux matches en dehors de la zone neutre. «Il prétend avoir voulu calmer les choses en fin de rencontre mais les arbitres ont estimé qu’il avait mis de l’huile sur le feu», ajoute Jules Dethier.

Les deux clubs ont également été sanctionnés. Solières, auquel la chambre a reconnu avoir voulu calmer les esprits, devra s’acquitter d’une amende de 100 euros tandis que Verlaine écope d’une amende de 200 euros.

La décision sera publiée dans la Vie Sportive ce mardi 2 février. Les clubs ont jusqu’au lundi 8 février avant midi pour aller en appel des différentes sanctions.

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