AVANT GIVRY - BERTRIX

23 janvier 2016 - 14:30

Denoncin était pourtant prêt à déblayer

Ancien capitaine de Givry, Thibault Denoncin aurait bien aimé affronter son ancien club ce week-end.
Ancien capitaine de Givry, Thibault Denoncin aurait bien aimé affronter son ancien club ce week-end.-ÉdA Mathieu GOLIN-VAUX

Le Baudet Thibault Denoncin aurait bien voulu affronter ses anciennes couleurs (Givry), ce week-end. Mais la rencontre a été remise.

Thibault Denoncin, vous n’avez pas pensé à acheter une pelle de déneigement durant la semaine?

(rires). Si, et j’avais même demandé à deux, trois coéquipiers de venir m’aider à déblayer la neige du terrain de Givry. Plus sérieusement, il est clair que j’aurais bien voulu affronter les Canaris ce week-end. Ils avaient quatre suspendus, parmi lesquels leurs deux meilleurs joueurs, Boule (Jérôme Hinck) et Séba (Sébastien Leva). C’était le bon moment, mais je ne me faisais pas d’illusion. 30 cm de neige, ça ne fond pas en deux jours. Puis même si la neige avait fondu, le terrain aurait été gorgé d’eau. Il était évident qu’on ne jouerait pas.

Vous avez connu une belle aventure à Givry, allant même jusqu’à porter le brassard de capitaine, mais celle-ci s’est soldée par un divorce douloureux, après une altercation avec Claudy Marcolongo. Quand on vous reparle de Givry, à quoi pensez-vous en premier lieu?

J’ai totalement digéré mon éviction. J’ai passé cinq très belles années là-bas et je suis très heureux de voir Givry à cette place (2e de la série) aujourd’hui. Ce petit club de village est devenu une valeur sûre de Promotion et je suis fier d’avoir contribué modestement à cette réussite.

Vous auriez aimé jouer dans l’équipe actuelle de Givry?

Bien sûr. Je mentirais en disant le contraire. Le club dispose d’une très belle génération, encadrée par des garçons qui sont dans la fleur de l’âge. Je pense à Hinck et Leva, par exemple. À 27 ans, ils arrivent à pleine maturité et ils sont sans doute au sommet de leur carrière.

Vous êtes surpris de retrouver votre ancienne équipe à cette place?

Pas vraiment. J’étais plutôt surpris de la voir si bas dans le classement en début de championnat. Avec une telle équipe, c’est étonnant Givry ait dû attendre la 7e journée pour décrocher son premier succès. Lorsque les Canaris sont venus chez nous (4e journée), je les ai trouvés très faibles. Ils pouvaient s’estimer heureux de repartir avec un point, acquis grâce à un autobut en fin de match. Mais je le répète, je n’ai jamais douté de la qualité de cette équipe. Elle n’a pas joué à son meilleur niveau quand elle est venue chez nous, mais elle est à sa place aujourd’hui.

Givry peut être champion?

Il peut, oui, mais je n’en fais pas un favori. Pour moi, Couvin, l’actuel leader, va coincer. En revanche, des équipes comme Waremme ou Solières restent de sérieux clients. La chance de Givry, c’est qu’il n’y a pas une équipe au-dessus du lot cette année, comme pouvaient l’être le FC Liège, Walhain ou Ciney. La course au titre n’a jamais été aussi ouverte. Pour Givry, c’est déjà inespéré de se retrouver si bien placé après avoir commencé par un piètre 5/18.

Qu’est-ce qui fera la différence selon vous?

La reprise est souvent cruciale. La neige et les remises bouleversent quelque peu la donne. On risque de jouer plusieurs rencontres en semaine. L’équipe qui gérera le mieux ces matches de rattrapage pourrait bien émerger.

Vous pourriez retourner à Givry, avant de raccrocher?

Bonne question, mais je ne pense pas. Ce n’est pas l’envie qui me manque, parce que j’ai gardé de très bons copains à Givry, mais l’âge, le boulot et la vie de famille sont des éléments à prendre en compte… À Bertrix, j’ai le luxe d’habiter à 500 m du stade. De toute façon, je ne pense pas qu’Éric Picart me rappellera (rires).

Vous avez plus de copains à Givry qu’à Bertrix?

Je ne dirais pas ça. Nul n’ignore que la force de Givry réside en grande partie dans l’esprit de camaraderie qui unit les joueurs. Tant sur le terrain qu’en dehors. Mais je retrouve petit à petit cet état d’esprit à Bertrix. Je sens d’ailleurs que les liens se soudent de plus en plus entre les joueurs. Dans une équipe amateur, c’est important de se retrouver tous ensemble après le match à la buvette. Même après une défaite. Aujourd’hui, c’est le cas à Bertrix. Il n’y a pas des Liégeois, des Français et des Luxembourgeois. Il y a un groupe, uni. Au niveau de l’ambiance, on n’a plus grand-chose à envier aux autres équipes. Cette osmose, c’est peut-être ce qu’il nous manquait en début de saison.

Vous êtes déçu par la 13e place de votre équipe au classement?

Le bilan chiffré n’est pas exceptionnel, mais pour moi, nous jouons mieux au football que la saison dernière. Refaire le match n’apporte rien, mais il n’empêche que nous aurions dû engranger quelques unités supplémentaires. Contre Givry, on perd deux points à cause d’un autobut en toute fin de match. Face à Tamines, on fait 0-0 en ratant un penalty à cinq minutes du terme. À Namur, on est réduit à dix après un quart d’heure… Dans les faits, aucune équipe ne nous a surclassés.

Si le championnat s’arrêtait aujourd’hui, il y aurait six montants directs vers la D2 amateur (voir page 34). Avec neuf points de retard sur cette 6e place, Bertrix peut encore y croire?

Vous savez, la réforme, la D2 amateur, tout ça, on n’en parle pas à Bertrix. Le club doit surtout préparer l’après Germain Sorée. Ce dernier va s’effacer, après avoir beaucoup donné. Bref, Bertrix est un club en reconstruction. Puis, personnellement, je ne suis pas convaincu que la D2 amateur soit l’eldorado tant espéré par certains. Pour tenir la route à ce niveau, les clubs luxembourgeois devront se renforcer. Cela entraînera des dépenses supplémentaires. Jouer en D3 amateur serait moins intéressant sportivement, mais pour le reste, il y aurait aussi des bons côtés: moins de dépenses et, surtout, la perspective de jouer régulièrement des derbies puisqu’il pourrait y avoir six équipes de la province à ce niveau. Attention, je le répète, je ne parle pas au nom du club. Ceci n’est que mon avis.

Commentaires

août
août
août
août
août